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L'ENSTA ParisTech présente à la COP22

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Laurent Mortier, enseignant-chercheur à l'ENSTA ParisTech, a présenté les projets de recherche de l'Ecole dans les domaines du climat à la COP22, en novembre 2016, à Marrakech.

La région Méditerranéenne est reconnue comme un 'hot spot' du changement climatique. Le 5ème rapport du GIEC a documenté les impacts du réchauffement et de l'assèchement de la région que montrent de façon convergente les modèles climatiques globaux. Plus récemment, des systèmes de modélisation zoomés ont été développés pour des prospectives climatiques plus précises sur la région. L'initiative Med-CORDEX soutenue par le Programme Mondial de Recherche sur le Climat, propose ainsi de délivrer des projections climatiques à haute résolution pour les différentes composantes du système climatique régional. Elle regroupe de nombreux instituts de recherche du pourtour méditerranéen et délivre de manière ouverte les résultats des simulations et des analyses. Dans ce contexte, Thomas Arsouze de l'Unité de Mécanique a développé, maintient et fournit la composante océan des systèmes de modélisation, NEMOMed, qui est utilisée par pas moins de 6 équipes européennes, dont deux du CNRS et une de Météo France. NEMOMed commence aussi à être utilisé pour étudier les impacts du changement climatique sur l'écosystème marin et ses ressources (services écosystémiques, pêche, ...).

Comme pour tous les modèles de climat, il est indispensable de disposer de données sur le long terme pour les différentes composantes du système climatique, dont l'océan. Les systèmes d'observation de l'océan délivrent ces données et services pour paramétrer et valider les modèles climatiques mais aussi pour les nombreux secteurs qui en ont besoin (directives européennes, océanographie opérationnelle, gestion du milieu marin, ...). Ces dernières années, l'observation in-situ de l'océan s'est considérablement développée, notamment les systèmes d'observation régionaux comme MOOSE (www.moose-network.fr/) dans les eaux françaises en Méditerranée. MOOSE est copiloté par Laurent Mortier, enseignant-chercheur de l'ENSTA ParisTech qui met ses gliders à disposition de MOOSE. L'urgence de la consolidation du système global d'observation de l'océan a été soulignée très récemment par le G7 qui demande le développement de la composante côtière des systèmes d'observation en s'appuyant sur la technologie glider, comme celle que développe l'ENSTA ParisTech (Unité de Mécanique et Unité d'Informatique et Ingénierie des Systèmes) dans le projet H2020 BRIDGES (www.bridges-h2020.eu/).

La situation géopolitique particulièrement instable de la région, traversée par des flux migratoires, largement dépendant des facteurs climatiques et environnementaux, ont bousculé l'agenda politique. Désormais, le besoin de disposer d'une expertise scientifique de haut niveau pour devenir l’interface science-politique pour les changements et la prospective sur la région Méditerranéenne est prioritaire. Le MedECC (www.medecc.org/) joue ce rôle d'interface en associant scientifiques, décideurs et des représentants de la société civile, en coordination avec les ministères des pays riverains et des organisations internationales comme l’Union pour la Méditerranée et le Plan d’Action pour la Méditerranée de l'UNEP. Et le MedECC a besoin pour jouer son rôle, de données et de modèles climatiques fiables permettant d'analyser les multiples impacts du changement climatique et d'évaluer des scenarii d'adaptation, par exemple pour la gestion des nombreuses lagunes Méditerranéennes face à la hausse du niveau de la mer.

 

C'est entre autre grâce aux réalisations et au travail d'animation des enseignants-chercheurs de l'ENSTA ParisTech, que le MedECC a pu être présenté lors d'un événement officiel de la COP22 qui s'est tenu au pavillon France en présence de Hakima El Haïté, ministre de l’Environnement du Maroc, de Ségolène Royal, ministre de l'environnement de l'énergie et de la mer de la France et présidente de la COP21 et du Prince Albert II de Monaco. Ce dernier a déclaré notamment : « Les changements climatiques risquent d'avoir ou ont déjà en Méditerranée des impacts particulièrement lourds sur les plans humain, écologique et économique – d'autant qu'ils se conjuguent à d'autres pressions anthropiques très fortes, telles que les pollutions tellurique ou le tourisme de masse. Je pense par conséquent que nous devrions rappeler l'urgence de disposer des connaissances scientifiques à même de fonder des politiques publiques adaptées à ces changements climatiques. C'est pourquoi il me paraît souhaitable que nous appelions le GIEC, en début de son 6ème cycle d'évaluation, à renforcer la production de données et de scénarii pertinents au niveau régional, notamment dans son Rapport spécial consacré à l'Océan. »

 

Pour plus d'informations sur nos recherches dans ces domaines, n'hésitez pas à contacter Laurent Mortier ou Thomas Arsouze (prenom.nom [@] ensta-paristech . fr )