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François Pessaux, enseignant-chercheur
Unité d'Informatique et d'Ingénierie des Systèmes

Mes années ENSTA : "La réalité des systèmes d'aujourd'hui, des étudiants de très haut niveau, de forts liens avec le monde scientifique."

François Pessaux a rejoint l'unité d'informatique et d'ingénierie des systèmes il y a peu de temps après un très beau parcours au sein de différentes structures. Il effectue sa thèse de doctorat à l'INRIA Rocquencourt en Analyse statique de programmes (typage) et son postdoc aux Bell Labs et Stevens Institute of Technology (USA) en analyse statique de programmes. Il démarre sa vie active en étant qu' ingénieur responsable R&D chez SURLOG dans le domaine de la Sûreté de Fonctionnement, section "outillage" des analyses de sûreté (analyse de programmes, compilation  front-end), à la suite de quoi il devient enseignant chercheur au LIP6 à Paris 6 (langage de programmation et preuves). Ingénieur de recherche à Kalray en 2009, une startup du CEA dans le domaine de la micro-électronique, section langage / compilation front-end, il intègre Mlstate, une startup dans le domaine de conception de langages de programmation en 2010 en tant qu'ingénieur de recherche. Il a rejoint l'ENSTA ParisTech en 2011.

Pourquoi avez-vous choisi d’intégrer l’ENSTA ParisTech ?

J'ai choisi de rejoindre l'ENSTA pour deux raisons principales:
 - l'enseignement est une activité que j'apprécie particulièrement et l'école offre l'opportunité de travailler avec des étudiants qualifiés, et même s'ils ne se destinent pas à une carrière dans l'informatique, leur ouverture d'esprit fait qu'il est possible de leur enseigner des matières avancées.
 - la recherche et la confrontation à des problèmes non triviaux ont toujours fait partie de mon travail, l'ENSTA m'a permis de trouver une structure dans laquelle ces travaux de recherche peuvent s'inscrire dans un cadre académique et donc profiter à la communauté scientifique. De plus, l'orientation "Sûreté de Fonctionnement" de l'UIIS coïncide fortement avec mon expérience de terrain et de recherche passée.

Quelles sont les recherches que vous y menez ?

Je travaille principalement sur deux axes de recherche. Le premier vise à fournir des outils de développement pour la réalisation de logiciels requérant un haut niveau de sûreté en utilisant les méthodes dites formelles. L'idée est de faire disparaître la multiplicité d'outils différents entre la spécification du logiciel, son implémentation et les preuves des exigences de sûreté. Ce travail s'inscrit dans la continuité de mes travaux du LIP6 sur l'environnement FoCaLize. L'autre aspect que je commence à développer est l'exploration de techniques, méthodes et outils pouvant aider dans les analyses dysfonctionnelles. Ces analyses ont pour but de démontrer la robustesse d'un système vis-à-vis de pannes. Elles sont requises dans le cadre de systèmes critiques et sont malheureusement très coûteuses et très complexes.

Quelle sont les applications possibles de vos recherches ?

Ces travaux visent directement à augmenter la confiance que l'on peut obtenir dans un système à logiciel prépondérant et à réduire la complexité et le coût des analyses qui sont de plus en couramment effectuées dans le cadre des systèmes critiques et embarqués.

Quels sont les cours que vous enseignez ?

En seconde année, j'assure avec Michel Mauny le cours INE11 (Principe des langages de programmation). Je suis également co-responsable du mastère spécialisé Architecture et Sécurité des systèmes d'information avec Michel Mauny en 3ème année. Pour finir, je serai responsable du cours IN101 (Algorithmique et programmation) dès la rentrée 2012.

Quels sont selon vous les atouts de la formation d’ingénieur de l’école ?

C'est une formation ouverte sur de nombreux domaines en marge de la voie de "spécialisation" choisie par chaque élève et de la formation purement scientifique. De nombreux enseignements "autour" (gestion, économie, gestion de  projets, etc.) permettent aux futurs ingénieurs de comprendre le fonctionnement de l'industrie, en ne restant pas focalisé uniquement sur l'aspect technique. Ceci est d'une importance capitale dans l'optique de progresser vers une carrière d'organisation, de prises de décisions, bref d'encadrement de projets de taille importante. C'est un réel atout que de bien maîtriser les techniques mais aussi l'organisationnel: ça évite des prises de décisions incorrectes, sans rapport avec la réalité et les possibilités de réalisation "sur le terrain".

Quels sont selon vous les atouts des laboratoires de l’école ?

L'UIIS est composé de trois pôles: robotique, ingénierie système et sûreté. Ces trois acteurs adressent chacun une particularité des systèmes et il est intéressant de pouvoir discuter du point de vue de chacun à propos de solutions envisagées pour des problèmes qui concernent ces systèmes communs. Au sein du pôle sûreté, les membres couvrent un spectre assez large : analyse de systèmes hybrides, systèmes de types, preuves formelles, analyses statiques et langages de programmation. Cette diversité permet d'adresser une large classe de questions mais aussi d'avoir des points de vue et des connaissances en provenance de divers domaines de recherche, favorisant ainsi le croisement "génétique" entre les idées et peut-être des pistes de solutions nouvelles.