Portrait de Didier Dalmazzone, enseignant-chercheur à l’Unité Chimie & Procédés

Spécialisée dans la thermodynamique des procédés, la combustion, les matériaux pour le stockage d’hydrogène, la chimie organique, l’UCP s’intéresse également à la production et au stockage de l’énergie sous différentes formes  et notamment à l’amélioration des capacités de stockage de l’hydrogène.

Didier Dalmazzone y exerce depuis 27 ans. Après un diplôme d'Ingénieur Chimiste à l'Ecole Supérieure de Chimie Organique et Minérale (ESCOM) en 1988 et un Doctorat en Génie des Procédés à l'Université de Technologie de Compiègne (UTC) en 1994, il obtient l'habilitation à Diriger des Recherches (HDR) à l'UTC en 2006. Si ses activités concernent le génie des procédés, la thermodynamique expérimentale et la calorimétrie demeurent ses spécialités et l’énergie son domaine d’application favori.

L’importance des hydrates de gaz dans l’énergie

Depuis 15 ans, Didier Dalmazzone travaille sur l’étude des hydrates de gaz. Cristaux solides qui se forment avec de l’eau à basse température et en présence de gaz (de toutes sortes) sous pression, les hydrates de gaz bouchent parfois les canalisations des pipelines occasionnant des coûts importants sur le plan industriel. Il existe aussi des réserves de gaz naturel contenues dans le fond des océans dans des sédiments marins. Ce gaz naturel (du méthane essentiellement) piégé sous forme d’hydrates représenterait, d’après les estimations, entre 10 et 100 fois les réserves connues de gaz naturel dans les gisements conventionnels. Le méthane a un pouvoir à effet de serre 20 fois supérieur à celui du CO2. Un réchauffement climatique dans les zones où les hydrates de méthane sont présents ferait craindre des libérations de gaz dans l’atmosphère et une pollution encore plus élevée. Cela justifie les études menées pour essayer de maîtriser, contrôler et empêcher la formation de ces hydrates.

Petit aperçu des recherches en cours  

Des projets existent depuis 10-15 ans pour essayer d’utiliser ces hydrates comme matériaux dans l’industrie dans des procédés innovants, dans diverses applications industrielles reliées soit à l’environnement, soit à l’énergie. Purification d’eau (dessalement d’eau de mer ou purification d’eau de ruissellement des centres d’enfouissement techniques), utilisation de la cristallisation d’hydrates pour séparer du biogaz (méthane + CO2) de façon à le valoriser font partie des pistes explorées. Autre voie de recherche, le stockage et le transport de froid par les hydrates. L’UCP étudie cette possibilité depuis 10 ans, avec l’Irstea notamment (projet ANR  « CRISALHYD » porté par l’Irstea, le LIMSI et des partenaires industriels). Il s’agit de remplacer certains fluides frigo porteurs qui sont en passe d’être interdits ou fortement réglementés car ils ont un haut pouvoir d’effet de serre. Pour réduire l’utilisation de ces fluides, Didier Dalmazzone travaille sur un procédé permettant de dissocier la partie fabrication du froid avec des fluides conventionnels de la partie transport de ce froid par des coulis. Il est en effet plus efficace de transporter du froid sous forme de coulis de glace ou d’hydrates (car on transporte beaucoup plus de froid pour un même volume d’eau) que de transporter du froid avec de l’eau froide. Les avantages : éliminer les fluides nocifs et améliorer l’efficacité énergétique. Autre atout, la cristallisation d’hydrates de gaz est plus facile à obtenir que la cristallisation de glace. Les applications sont importantes mais de nombreux verrous technologiques subsistent.

Responsable, entre autres, du parcours « Production et gestion de l’énergie », Didier Dalmazzone tient à souligner qu’une double compétence sur les procédés de production et les outils mathématiques d’optimisation appliqués au domaine de l’énergie correspond à ce que recherchent aujourd’hui les entreprises du secteur. Pour celui qui envisage une carrière technique ou scientifique dans ce domaine, l’intérêt de faire un doctorat lui semble de plus en plus évident ; c’est même une quasi nécessité pour qui vise une carrière de haut niveau à l’international. L’UCP propose d’ailleurs régulièrement des thèses CIFRE. Avis aux vocations !

 

Didier Dalmazzone et Sandra Lanfranchi